Autrement dit... par Alain Sachs :
Lorsque j'ai appris l'existence de cette aventure, tout, absolument tout de ce qu'elle contenait m'a immédiatement séduit. A commencer par son titre : « Délit de façade » … Qui pourrait résister, en matière d'art et de culture, au fait de commettre un vrai délit en toute impunité ? De façade ou de faciès ? Au-delà de ce jeu de mots avéré et provocateur s'ouvre un univers nécessairement prometteur.
A part ça, que de bonnes et belles idées ! Vouloir investir un lieu public inscrit dans sa réalité, sa fonction et son esthétique propres pour en faire un lieu de théâtre et de rêverie sans le dénaturer, mais au contraire, en le sublimant. Simplement en créant six castelets miniatures, comme six petites scènes de comédie, comme six fenêtres ouvertes sur le monde.
Prétendre que notre bonne vieille marionnette à gaine qui a déjà fait quelques preuves peut, dans le contexte actuel, continuer à nous permettre de regarder la société et ce qui la compose à travers le prisme réjouissant de la satire ou de la parodie. Redire que le spectacle de rue demeure bel et bien le seul endroit possible pour raconter une même histoire à des publics aussi divers que variés, aux âges si différents, en proposant des niveaux de lecture bien distincts dans un même plaisir partagé.
Je vous le disais, que des raisons pour moi de se réjouir. Auxquelles il convient d'ajouter quelques considérations personnelles plus sensibles et plus intimes, moi qui fus le premier en 1967 à investir la place de l'horloge à Avignon pour y dire des poèmes, moi qui depuis quinze ans suis le metteur en scène du Quatuor dont le premier concert eut lieu en 1981 dans les rues de La Rochelle, moi enfin qui ai connu Alain Duverne et Monique Scheigam il y a plus de trente ans dans la compagnie Philippe Genty où nous sévissions déjà tous les trois. Alors quelques années plus tard, voir les nouvelles et jeunes générations, dans un esprit tout aussi communautaire et aventurier, aller au devant du public avec une telle conviction et originalité, ne pouvait en aucun cas me laisser indifférent.
